Police et Gendarmerie : efficacité et discrétion, ou la quadrature du cercle.

Pour Monseigneur Perrier, principal initiateur de l’événement, les services de l’Etat ont été « efficaces et discrets ».

Ce sont pourtant 2670 personnes, 1170 policiers et 1500 gendarmes, qui ont assuré la police de l’événement.

Pour impressionnant qu’il soit, ce chiffre est en fait moins important qu’en 1983, où près de 700 policiers supplémentaires avaient été engagés. Une meilleure organisation du service et la participation d’unités très spécialisées (GIGN, RAID, etc.) ont évité le recours aux « gros bataillons ».

Les missions des policiers et des gendarmes étaient complémentaires.

La Gendarmerie Nationale devait :

* Assurer la sécurité de l’aéroport Tarbes Lourdes Pyrénées et de ses abords, y compris le cône d’approche aérienne dans lequel arrivait l’avion du Pape (voir article sur le concours des forces armées) ;
* Garantir la sécurité du déplacement du Pape de l’aéroport vers Lourdes (protection de la RN21, pilotage et sécurité mobile du cortège).
* Contrôler la zone montagneuse surplombant le sanctuaire au sud de Lourdes.

La Police Nationale devait :

* Assurer la paix publique dans Tarbes et Lourdes (protéger les sanctuaires, sécuriser les gares et les parkings, jalonner les itinéraires etc.) ;
* Lutter contre la délinquance.
(Photo MISILL)

L’une et l’autre des forces de police devaient faire respecter le plan de circulation pour leurs zones de compétence.

En outre, des unités spécialisées assuraient des missions spécifiques. On ne peut citer que quelques-unes : le Service de Protection des Hautes Personnalités garantissait la protection rapprochée des VIP, les Renseignements Généraux ont appuyé le SPHP et ont aussi assuré leur mission habituelle de recherche du renseignement etc.

Chacune des deux institutions, Police et Gendarmerie, a déployé ce qu’il y avait de mieux pour répondre à la variété des missions : ce sont ainsi des cavaliers de la Garde républicaine qui ont aidé à surveiller les champs de maïs autour de l’aéroport, ce sont aussi des détachements spécialisés de la police (RAID/DCI) et de la gendarmerie qui ont paré à toute menace nucléaire, radiologique, biologique, chimique (NRBC). Enfin une nouvelle unité de la gendarmerie, le peloton d’intervention de 2ème génération, effectuait sa première mission (la sécurité mobile du convoi).

On note aussi que la Police et la Gendarmerie ont fait appel à des réservistes : 120 pour la Police Nationale et 400 pour la Gendarmerie.

Aucun incident majeur n’a été déploré mais l’activité judiciaire a été conséquente. L’événement a attiré de nombreux « spécialistes » du vol à la tire, qui fort heureusement se sont heurtés à cet imposant dispositif de police : si en une semaine le nombre de vols à la tire a augmenté à Lourdes de plus de 400% ( de 8 à 46) par rapport à 2003, le nombre de faits élucidés a été multiplié par 4 et celui des gardes-à-vue par 5 ! Et par rapport à 1983, la délinquance du mois d’août a baissé de 12%.

Moins nombreux, plus discrets et plus efficaces, la quadrature du cercle a été réussie !

Michel Monneret, stagiaire de l’Ecole nationale d’administration auprès de Monsieur le Préfet (Remerciements au Colonel de gendarmerie Patrick Donner et au Commissaire divisionnaire Lucien Pourailly).