Interview de Jean-Pierre Artiganave, Maire de Lourdes

* Monsieur le Maire, estimez-vous que la visite du Pape à Lourdes a été un succès ? Et sur quels critères ?
Oui, cela a d’abord été un succès populaire. Sur le paramètre de la fréquentation, on est proche de 1983. Et avec un niveau de sécurité conforme aux exigences que l’on peut avoir en France. Et sur le paramètre de la communication, jamais Lourdes n’aurait pu se payer une publicité pareille ! Et aussi, la fréquentation a été plus soutenue pour la suite de la saison : on n’avait pas connu des mois d’octobre, de novembre et de décembre aussi fréquentés depuis cinq ou six ans. Lourdes est condamnée au succès. Les dix années qui ont suivi 1983 avaient été très bonnes.

* Comment jugez-vous la coopération avec les services de l’Etat pendant la préparation de l’événement ?
Tout a été empreint d’une grande sérénité et d’une grande efficacité. La preuve…Beaucoup de lettres après coup signalent que l’ambiance n’a jamais été pesante. On note que par rapport à 1983, il y avait moins de personnel sur place. L’information sur le dispositif a pourtant été meilleure qu’en 1983. Les services de l’Etat n’ont pas été trop exigeants, ils ont déchargé la Ville de 90% du problème.


* Qu’est-ce qu’un tel événement peut apporter, d’un point de vue symbolique ? Est-il un exemple pour le prochain centenaire de la laïcité, en montrant que si l’Etat n’assure plus le service public du culte, il assure pleinement le service public de la sécurité ?
Il montre que Lourdes peut être un lieu de fraternité, au sens républicain. Il montre effectivement que l’on peut gérer sereinement la cohabitation entre Etat et religions.

Propos recueillis par Michel Monneret